Téléphones non dédouanés : le blocage a commencé — 1,8 milliard collecté, mais l'objectif de 25 milliards reste hors d'atteinte
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Téléphones non dédouanés : le blocage a commencé — 1,8 milliard collecté, mais l'objectif de 25 milliards reste hors d'atteinte

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Téléphones non dédouanés : le blocage a commencé — 1,8 milliard collecté, mais l'objectif de 25 milliards reste hors d'atteinte
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Douane · Terminaux mobiles · 10 septembre 2026
Les recettes ont été multipliées par 4,5. Elles restent à 17 % de l'objectif.

Du 1er avril au début septembre 2026, la douane camerounaise a collecté plus de 1,8 milliard de FCFA de droits et taxes sur les téléphones importés, contre environ 400 millions sur la même période un an plus tôt. 386 000 appareils ont été déclarés. Et depuis le 1er septembre, la réforme est entrée dans sa phase de blocage : plus de 1 000 téléphones avaient déjà perdu l'accès au réseau à la fin de la première semaine.

Ces chiffres sont présentés partout comme un succès. Ils le sont — à l'échelle de ce qui existait avant. Mais rapportés à l'objectif que la DGD s'était fixé en mars, 25 milliards de FCFA par an, ils racontent une autre histoire.

Nous avons fait le calcul que personne ne publie. Au rythme actuel, le dispositif rapporterait 4,32 milliards sur douze mois — soit 17,3 % de l'objectif. Et surtout : les droits moyens perçus s'établissent à 4 663 FCFA par appareil déclaré. À ce niveau, même en déclarant la totalité des 4 millions de téléphones écoulés chaque année au Cameroun, les recettes plafonneraient à 18,65 milliards. L'objectif de 25 milliards suppose donc deux conditions simultanées, et non une seule.

1,8 Md
FCFA collectés en 5 mois
× 4,5
vs la même période 2025
386 000
appareils déclarés
1 000+
téléphones bloqués
17,3 %
de l'objectif annuel atteint
Service LeFisk
Déléguez-nous le dédouanement de votre téléphone

Vous nous transmettez votre IMEI — ou simplement une photo de l'écran *#06#, du carton ou de la facture. Nous vérifions le statut de l'appareil dans CAMCIS, nous vous confirmons le montant exact à payer sous 24 heures ouvrées, puis nous vous accompagnons dans la régularisation.

Un appareil
1 000 FCFA de frais de vérification
Grossistes
tarif dégressif par palier dès 100 appareils
Réponse
sous 24 h ouvrées, par email et par téléphone
À ne pas confondre : les 1 000 FCFA sont notre frais de vérification, pas le montant du dédouanement. Les droits dus à la douane dépendent de la catégorie de l'appareil et vous sont confirmés séparément.

Ce qui s'est passé depuis le 1er septembre

La réforme du dédouanement des terminaux mobiles s'exécute en deux temps. Le premier — l'enregistrement des IMEI dans le système douanier CAMCIS et l'envoi de messages d'alerte — a démarré le 1er avril 2026. Le second, le blocage effectif, est entré en vigueur le 1er septembre.

Date Étape
1er avril 2026Entrée en vigueur du mécanisme. Les importateurs doivent enregistrer les IMEI dans CAMCIS. Tout appareil non dédouané qui se connecte pour la première fois reçoit un SMS d'alerte de « Douane MPIE ».
Mai 2026La DGD annonce avoir identifié environ 700 000 téléphones connectés après le 1er avril sans acquittement préalable — voir notre article sur le blocage annoncé de 700 000 appareils.
1er septembre 2026Phase de blocage effective. MTN, Orange et Camtel coupent l'accès au réseau des appareils visés.
7 septembre 2026Plus de 1 000 appareils bloqués, selon une source à la Direction générale des douanes citée par Cameroon Tribune.
Le rapport que personne ne relève. En mai, la douane disait avoir identifié 700 000 appareils en situation irrégulière. Une semaine après le début du blocage, 1 000 ont été coupés — soit 0,14 % du gisement identifié. L'exécution ne fait donc que commencer, et c'est bien ainsi qu'il faut lire ce chiffre : ni comme une opération massive, ni comme un échec.

Le blocage repose sur la coopération entre la douane et les opérateurs. Lorsqu'un IMEI n'est pas répertorié dans la base des équipements dédouanés, l'appareil peut être privé d'accès aux réseaux mobiles jusqu'à régularisation. Base légale du dispositif : l'article 6 de la loi de finances 2023 et la décision conjointe MINFI/MINPOSTEL n° 0000145 du 25 mars 2026.

L'objectif de 25 milliards est-il atteignable ? Le calcul

En lançant le mécanisme en mars 2026, la DGD affichait une cible claire : porter les recettes sur les terminaux mobiles à au moins 25 milliards de FCFA par an, contre environ 1,3 milliard auparavant. Cette cible n'est pas arbitraire : entre 2001 et 2005, les droits et taxes sur ces appareils rapportaient effectivement autour de 25 milliards par an, avant de tomber sous les 500 millions en 2017.

Confrontons cette ambition aux cinq premiers mois d'exécution.

Indicateur Valeur
Recettes du 1er avril au début septembre (5 mois)1 800 000 000 F
Moyenne mensuelle360 000 000 F
Extrapolation sur 12 mois, à rythme inchangé4,32 Md F
Part de l'objectif de 25 milliards17,3 %
Rapport aux recettes d'avant la réforme (1,3 Md)× 3,3

Les deux dernières lignes disent la même réalité sous deux angles : la réforme triple les recettes historiques, et n'atteint pourtant qu'un sixième de sa cible. Les deux affirmations sont vraies simultanément.

Le chiffre décisif : 4 663 FCFA de droits par appareil déclaré

C'est le rapport que personne n'a calculé, et il commande tout le reste. 1,8 milliard rapporté aux 386 000 appareils déclarés donne 4 663 FCFA de droits moyens par téléphone. Ce montant place le parc déclaré tout en bas du barème — à peine au-dessus de la catégorie 1.

Scénario Recettes annuelles % de l'objectif
Rythme actuel (926 000 appareils/an déclarés)4,32 Md17 %
100 % du marché déclaré (4 millions d'appareils), au mix de valeur actuel18,65 Md75 %
Objectif de 25 Md sur 4 millions d'appareils25 Mdexige 6 250 F de droits moyens
La conclusion arithmétique, et elle est ferme. Déclarer davantage d'appareils ne suffit pas. Même si la totalité des 4 millions de téléphones écoulés chaque année passait par le circuit déclaré, les recettes plafonneraient à 18,65 milliards au niveau de droits moyens constaté — 75 % de l'objectif. Atteindre 25 milliards suppose deux conditions simultanées : une couverture quasi totale du marché et des droits moyens portés à 6 250 FCFA, soit 34 % au-dessus du niveau actuel. Autrement dit, il faudrait que les appareils de valeur — ceux des catégories hautes — entrent massivement dans le circuit déclaré, alors que la moyenne observée suggère que ce sont précisément eux qui y échappent encore.

Calculs LeFisk à partir des données DGD rapportées par Cameroon Tribune le 7 septembre 2026. L'extrapolation linéaire ne tient pas compte des effets du blocage entré en vigueur le 1er septembre, sur lequel la douane compte précisément pour accélérer les régularisations. Elle mesure une trajectoire, pas une prévision.

Le barème : huit catégories, et une phrase de presse à corriger

Le montant dû dépend de huit catégories d'appareils. Deux points d'ancrage circulent : un terminal de catégorie 1 acquitte environ 1 670 FCFA, un terminal de catégorie 8 environ 135 000 FCFA.

Une formulation qui induit en erreur. Plusieurs reprises écrivent que le barème « va des modèles basiques, soumis à des droits pouvant atteindre 5 000 FCFA, jusqu'aux smartphones haut de gamme dont la valeur peut atteindre 400 000 FCFA ». Lue vite, la phrase laisse croire que 5 000 et 400 000 sont deux montants de droits. Ce n'est pas le cas : ce sont des valeurs d'appareils. Rapprochées des droits annoncés, elles deviennent cohérentes — et révèlent un taux de prélèvement remarquablement stable.
Catégorie Valeur de l'appareil Droits annoncés Taux implicite
Catégorie 1~ 5 000 F~ 1 670 F33,4 %
Catégorie 8~ 400 000 F~ 135 000 F33,8 %

Le taux implicite est le même aux deux extrémités du barème — environ 33 %. Ce n'est pas une coïncidence : c'est l'ordre de grandeur du cumul des droits et taxes à l'importation, et c'est le chiffre que nous retenions déjà dans notre guide pour vendre des téléphones au Cameroun. Retenez donc une règle simple : comptez environ un tiers de la valeur de l'appareil, et le barème par catégories cesse d'être une boîte noire.

Le détail des huit tranches n'est pas publié dans les sources consultées ; nous ne disposons que des deux points d'ancrage ci-dessus. Le taux implicite est une reconstruction LeFisk, pas un taux officiellement annoncé.

Qui est concerné — et qui ne l'est pas

C'est là que se concentrent les inquiétudes, souvent à tort. Le dispositif est plus étroit que la rumeur ne le laisse penser.

Concerné
  • Appareil non dédouané se connectant pour la première fois à un réseau camerounais
  • Appareil connecté après le 1er avril 2026 ayant reçu des alertes sans régularisation
  • Téléphones activés en groupe sur une même carte SIM après le 1er avril, sans utilisation continue
Non concerné
  • Amnistie : tout téléphone déjà connecté au réseau national avant le 1er avril 2026
  • Appareils utilisés en roaming par les voyageurs
  • Touristes et courts séjours, sous le régime de l'admission temporaire
Trois précisions qui évitent des paniques inutiles.
• Le blocage porte sur l'IMEI de l'appareil, pas sur votre carte SIM ni sur votre numéro : changer de SIM ne change rien, et votre numéro n'est pas perdu.
• Un téléphone bloqué continue de fonctionner en Wi-Fi. Seul l'accès aux réseaux mobiles nationaux est coupé.
• Acheter son téléphone à l'étranger n'entraîne pas automatiquement un blocage. Seule compte la situation douanière de l'appareil au Cameroun.
Une règle dont la rédaction reste ambiguë. Les communications visent « les téléphones activés en groupe sur une même carte SIM après le 1er avril 2026, à condition qu'ils n'aient pas fait l'objet d'une utilisation continue ». Ni le seuil de ce « groupe », ni la définition de l'« utilisation continue » ne sont précisés. Si vous êtes dans ce cas — revendeur ayant testé plusieurs appareils sur une même SIM, par exemple — faites confirmer votre situation avant de supposer que vous êtes couvert.

Enfin, le ministère des Finances rappelle un point de droit important : la réforme modernise la collecte de droits et taxes existants. Elle ne crée pas d'impôt nouveau sur les téléphones. Sur la distinction entre droits de douane et droits d'accise, voir notre comparatif dédié.

Que faire, concrètement

  1. Trouvez votre IMEI. Composez *#06# sur le clavier de votre téléphone. Il figure aussi sur la boîte d'origine et sur la facture. Notez-le : c'est la seule information dont vous aurez besoin.
  2. Vérifiez son statut, gratuitement. Saisissez l'IMEI sur la plateforme officielle des douanes, mpie.camcis.cm. Vous pouvez aussi utiliser notre outil de vérification IMEI.
  3. Si l'appareil est irrégulier, régularisez auprès d'un bureau des douanes en acquittant les droits dus. Le déblocage est annoncé sous 24 heures au maximum après régularisation.
  4. En cas de difficulté, le numéro court 8044 assure l'assistance. Voir aussi notre annuaire des bureaux de douane.
  5. Avant d'acheter, surtout en occasion : vérifiez l'IMEI. C'est la recommandation explicite des douanes, et le seul moyen de ne pas hériter du problème d'un vendeur. Demandez-lui les justificatifs d'importation.
Ne touchez pas à l'IMEI. La modification d'un IMEI est illégale et les douanes en avertissent explicitement. C'est précisément l'identifiant sur lequel repose le contrôle : le falsifier transforme un problème de droits impayés en infraction douanière.

Ce que nous ne pouvons pas affirmer

  • Les chiffres proviennent de la presse, citant des données de la DGD rapportées le 7 septembre 2026 par Cameroon Tribune. Ils n'ont pas fait l'objet d'une publication officielle détaillée : nous ne disposons ni de la ventilation par catégorie, ni de la répartition entre importations nouvelles et régularisations.
  • Notre extrapolation à 4,32 milliards est linéaire et suppose un rythme inchangé. Elle ignore délibérément l'effet du blocage entré en vigueur le 1er septembre, qui peut accélérer les régularisations. Elle décrit une trajectoire de départ, pas une prévision.
  • L'estimation de 4 millions de téléphones écoulés par an est une donnée officielle que nous n'avons pas pu recouper. Si le marché réel est plus large, le plafond que nous calculons se déplace d'autant.
  • Le taux implicite de 33 % est reconstruit à partir de deux points d'ancrage. Le barème complet des huit catégories n'est pas public dans les sources consultées.
  • Nous ne savons pas si l'objectif de 25 milliards visait un rendement de croisière atteignable dès la première année ou une cible à horizon pluriannuel. La DGD ne l'a pas précisé — et cette précision changerait la lecture de l'écart.

À lire ensuite

Sources. Données de la Direction générale des douanes rapportées par Cameroon Tribune le 7 septembre 2026 ; dépêche d'Investir au Cameroun du 9 septembre 2026 ; communications du ministère des Finances relatives à l'entrée en vigueur du blocage au 1er septembre 2026 ; plateforme officielle mpie.camcis.cm ; article 6 de la loi de finances 2023 et décision conjointe MINFI/MINPOSTEL n° 0000145 du 25 mars 2026. Les ratios, extrapolations et taux implicites sont des calculs LeFisk établis sur les hypothèses explicitement indiquées ; ils n'engagent pas l'administration des douanes. Photographie du SMS d'alerte : numéro IMEI masqué par nos soins.

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À propos de l'auteur

Expert en finances publiques et fiscalité des entreprises. Rédacteur pour LeFisk.

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