CDI au Cameroun : guide complet 2026 — définition, droits, démission et rupture
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CDI au Cameroun : guide complet 2026 — définition, droits, démission et rupture

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Oscar Eyenga
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CDI au Cameroun : guide complet 2026 — définition, droits, démission et rupture
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L'essentiel — CDI Cameroun 2026

Le CDI en 6 points clés

  • Durée illimitée — le CDI n'a pas de date de fin prévue. Il cesse uniquement par démission, licenciement ou accord mutuel.
  • Pas obligatoirement écrit — mais fortement recommandé pour protéger les deux parties. La forme écrite est la norme en entreprise.
  • Période d'essai — de 8 jours (ouvrier) à 6 mois (cadre), renouvelable une fois selon la catégorie professionnelle.
  • Préavis obligatoire — de 8 jours à 3 mois selon l'ancienneté et la catégorie, que ce soit pour la démission ou le licenciement.
  • Indemnité de licenciement après 2 ans d'ancienneté : 20 % à 35 % du salaire mensuel moyen × années de service.
  • CNPS obligatoire dès le 1er jour — mêmes droits que le CDD (allocations familiales, AT/MP, retraite).

Base légale : Loi n°92/007 du 14 août 1992 portant Code du Travail du Cameroun (Art. 24, 36-45, 58 et s.).

Le Contrat à Durée Indéterminée (CDI) est le contrat de travail de droit commun au Cameroun. C'est la forme normale et générale du contrat de travail, à laquelle le Code du Travail (Loi n°92/007 du 14 août 1992) donne la préférence sur les contrats précaires comme le CDD. Contrairement au CDD, qui prend fin automatiquement à son terme, le CDI ne peut cesser que par une décision des parties : démission du salarié, licenciement par l'employeur, ou accord mutuel.

Dans ce guide, Lefisk vous explique tout ce que vous devez savoir sur le CDI camerounais : sa définition, ses éléments obligatoires, les périodes d'essai, les droits et obligations, la démission, le licenciement, et le calcul du solde de tout compte.

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Qu'est-ce que le CDI au Cameroun ? Définition légale

Le Contrat à Durée Indéterminée (CDI) est un contrat de travail qui ne fixe pas de date d'échéance. L'Article 24 du Code du Travail camerounais dispose que « le contrat de travail est présumé conclu pour une durée indéterminée » dès lors qu'aucune durée n'est expressément stipulée.

En d'autres termes : si vous travaillez sans contrat écrit, ou avec un contrat qui ne mentionne pas de terme précis, vous êtes juridiquement en CDI. Cette présomption est protectrice pour le salarié.

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CDI écrit ou verbal ?

Le Code du Travail camerounais n'impose pas la forme écrite pour le CDI — un accord verbal suffit légalement. En pratique, la quasi-totalité des entreprises rédigent un contrat écrit, et certaines conventions collectives sectorielles le rendent obligatoire. Un CDI écrit protège mieux les deux parties en cas de litige et est exigé par les banques pour les demandes de crédit.

À retenir

  • ›Le CDI est la forme normale du contrat de travail au Cameroun.
  • ›Il n'a pas de date de fin — il dure jusqu'à démission, licenciement ou accord mutuel.
  • ›Pas de contrat écrit signé = présomption de CDI (protecteur pour le salarié).
  • ›Un CDI signé est quand même indispensable pour le crédit bancaire et la protection juridique.
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Les clauses obligatoires d'un contrat CDI au Cameroun

Bien que le CDI verbal soit légalement valable, le contrat écrit doit contenir les mentions essentielles suivantes pour être complet et opposable :

  • Identité des parties — noms, adresses, numéros d'identification (NIU employeur, CNI salarié)
  • Date d'embauche et lieu de travail — localité et possibilité de mobilité géographique
  • Intitulé du poste et catégorie professionnelle — selon la grille de la Convention Collective applicable
  • Rémunération brute — salaire de base + primes + avantages en nature, avec cadence de paiement
  • Durée du travail — temps plein (40h/semaine) ou temps partiel + horaires
  • Durée de la période d'essai — et modalités de renouvellement
  • Convention Collective applicable — interprofessionnelle ou sectorielle
  • Durée du préavis — en cas de rupture du contrat
  • Lieu et date de signature + signatures des deux parties

Clause illicite à éviter

Toute clause qui ferait supporter à l'employé les risques commerciaux ou financiers de l'entreprise (ex. salaire variable uniquement indexé au chiffre d'affaires sans minimum garanti) est nulle de plein droit si elle revient à contourner le SMIG. Le salaire doit toujours être supérieur ou égal au SMIG en vigueur.

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La période d'essai du CDI camerounais : durées par catégorie

La période d'essai permet à l'employeur d'évaluer les compétences du salarié et au salarié de s'assurer que le poste lui convient. Elle est régie par l'Article 24 du Code du Travail. Pendant cette période, les deux parties peuvent mettre fin au contrat sans indemnité ni formalité particulière, sous réserve d'un préavis minimal.

Catégorie de salariéClasseDurée initialeRenouvellementDurée max.
Ouvriers / travailleurs journalierscat. 1 – 38 joursNon renouvelable8 jours
Employés à salaire mensuelcat. 1 – 51 moisRenouvelable 1 fois2 mois
Employés techniques et de maîtrisecat. 6 – 83 moisRenouvelable 1 fois6 mois
Ingénieurs, cadres, techniciens supérieurscat. 8+3 moisRenouvelable 1 fois6 mois
Cadres supérieurs / dirigeantshors grille6 moisSelon convention collective6 à 12 mois

Règles importantes sur la période d'essai

  • ›Le renouvellement doit être expressément prévu dans le contrat initial et accepté par écrit par le salarié.
  • ›La période d'essai n'est pas automatique — elle doit être expressément stipulée dans le contrat.
  • ›Si l'employeur rompt la période d'essai sans motif valable après une durée significative, les tribunaux peuvent requalifier la rupture en licenciement abusif.
  • ›Durant l'essai, le salarié a droit au SMIG et est immatriculé à la CNPS dès le 1er jour.
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CDI vs CDD : tableau comparatif complet

La distinction entre CDI et CDD est fondamentale dans le droit du travail camerounais. Voici un comparatif point par point :

CritèreCDICDD
DuréeIllimitée — dure jusqu'à démission, licenciement ou retraiteLimitée : max 2 ans + 1 renouvellement (4 ans total)
Fin du contratNécessite une démarche : démission, licenciement, accord mutuelAutomatique à l'échéance — aucune formalité de licenciement
Période d'essaiSelon catégorie : 8 jours à 6 mois (renouvelable 1 fois)Réduite : 8 jours à 3 mois (renouvelable 1 fois)
Sécurité de l'emploiForte — protection contre licenciement abusif, préavis garantiFaible — fin automatique, moins de recours en cas de rupture
Accès au crédit / logementPlus facile — revenus stables valorisés par les banquesDifficile — contrat temporaire perçu comme risqué
Indemnité de fin de contratIndemnité de licenciement après 2 ans (si licenciement)Pas de prime de précarité au Cameroun (≠ France)
Congés payés1,5 jour ouvrable / mois travaillé — identique au CDD1,5 jour ouvrable / mois travaillé
RenouvellementN/A — le contrat est permanent par nature1 fois max, puis requalification obligatoire en CDI
CNPSObligatoire dès le 1er jour — mêmes cotisationsObligatoire dès le 1er jour
Rupture anticipéePréavis + procédure (ou motif légitime pour licenciement)Faute lourde / force majeure / accord mutuel — sinon dommages-intérêts

Pour en savoir plus sur le CDD : → Notre guide complet CDD au Cameroun

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Avantages et inconvénients du CDI — pour le salarié et l'employeur

Pour le salarié : les avantages du CDI

  • Sécurité de l'emploi — l'employeur ne peut pas mettre fin au contrat sans motif valable ni procédure formelle
  • Accès au crédit — les banques et bailleurs acceptent beaucoup plus facilement un employé en CDI (fiche de paie stable)
  • Préavis garanti — en cas de licenciement, le salarié perçoit un préavis ou son indemnité compensatrice
  • Indemnité de licenciement après 2 ans d'ancienneté (20 % à 35 % par année)
  • Accès facilité au logement — les propriétaires préfèrent les locataires en CDI
  • Évolution salariale — ancienneté valorisée dans de nombreuses conventions collectives

Pour le salarié : les inconvénients du CDI

  • Préavis à respecter — en cas de démission, vous devez respecter 1 à 3 mois de préavis (ou le compenser financièrement)
  • Moins de flexibilité — changer d'emploi nécessite une démission formelle et un préavis qui peut freiner une transition rapide
  • Mobilité géographique possible — si le contrat prévoit une clause de mobilité, l'employeur peut vous affecter sur un autre site

Pour l'employeur : avantages et contraintes du CDI

AvantagesContraintes
  • › Fidélisation et investissement du salarié dans l'entreprise
  • › Pas de renouvellement à gérer (≠ CDD)
  • › Salarié plus enclin à la formation et à l'évolution interne
  • › Image employeur plus solide — facilite le recrutement de profils qualifiés
  • › Procédure formelle (et coûteuse) pour mettre fin au contrat
  • › Indemnité de licenciement après 2 ans d'ancienneté
  • › Risque de requalification en licenciement abusif si procédure non respectée
  • › Préavis à payer si rupture sans faute du salarié
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Rupture du CDI : les différents modes de fin de contrat

Le CDI ne peut prendre fin que de manière limitativement prévue par le Code du Travail camerounais (Art. 36 et suivants). Il n'y a pas de fin automatique : c'est ce qui distingue fondamentalement le CDI du CDD.

La démission (initiative du salarié)

Le salarié peut démissionner à tout moment en respectant le préavis légal ou conventionnel. La démission doit être notifiée à l'employeur par écrit (lettre remise en main propre contre décharge, ou lettre recommandée avec accusé de réception).

  • La démission est un acte volontaire et non équivoque — elle ne peut pas être présumée.
  • Aucune indemnité de licenciement n'est due au salarié démissionnaire (sauf accord collectif ou contrat plus favorable).
  • Le salarié démissionnaire conserve ses droits CNPS (retraite, AT, allocations familiales en cours).
  • En cas de faute grave de l'employeur (non-paiement de salaire, harcèlement…), la démission peut être requalifiée en licenciement — avec toutes les indemnités qui en découlent.

Le licenciement (initiative de l'employeur)

L'employeur ne peut licencier un salarié en CDI que pour des motifs réels et sérieux. Il doit respecter une procédure stricte quel que soit le motif :

  1. Licenciement pour faute (faute simple, faute grave ou faute lourde) — procédure disciplinaire préalable obligatoire : convocation à entretien, délai de réponse, notification écrite de la décision.
  2. Licenciement pour motif personnel non disciplinaire — incapacité professionnelle, inaptitude médicale constatée par le médecin du travail.
  3. Licenciement économique — difficultés économiques avérées, restructuration, suppression de poste : nécessite l'autorisation de l'Inspecteur du Travail et le respect des priorités de réembauche.

Licenciement abusif : les risques pour l'employeur

Un licenciement sans motif valable, sans respect de la procédure, ou pendant une période protégée (maladie professionnelle, grossesse, congé maternité…) est qualifié d'abusif par les tribunaux. L'employeur encourt alors le paiement de dommages-intérêts pouvant aller jusqu'à 36 mois de salaire brut, en plus des indemnités légales. L'Inspection du Travail peut également prononcer des sanctions administratives.

La rupture d'un commun accord (accord mutuel)

Les deux parties peuvent décider de mettre fin au CDI d'un commun accord, à une date et selon des conditions librement négociées. Cette rupture doit impérativement être formalisée par un écrit signé des deux parties (avenant de résiliation amiable). Elle peut prévoir une indemnité de départ négociée.

Autres causes de cessation du CDI

  • Force majeure — événement imprévisible et irrésistible rendant le travail définitivement impossible (destruction de l'établissement, catastrophe naturelle).
  • Retraite — à l'âge légal prévu par la CNPS (actuellement 60 ans pour la plupart des travailleurs).
  • Décès du salarié — le contrat cesse de plein droit ; les héritiers ont droit au solde de tout compte et aux sommes dues.
  • Incapacité définitive reconnue par le médecin du travail après consolidation d'un accident ou d'une maladie.
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Le préavis du CDI : durées légales et calcul

Le préavis est la période pendant laquelle le contrat continue de s'exécuter normalement après notification de la rupture. Il permet à l'employeur de trouver un remplaçant et au salarié de chercher un nouvel emploi. Le non-respect du préavis engage la responsabilité de la partie défaillante.

CatégorieAnciennetéPréavis à respecter
Ouvriers / journaliers (cat. 1-3)Moins de 1 an8 jours
Ouvriers / journaliers (cat. 1-3)1 à 5 ans1 mois
Ouvriers / journaliers (cat. 1-3)Plus de 5 ans2 mois
Employés mensuels (cat. 4-7)Moins de 5 ans1 mois
Employés mensuels (cat. 4-7)Plus de 5 ans3 mois
Cadres et assimilés (cat. 8+)Toute durée3 mois

Indemnité compensatrice de préavis

Si l'employeur dispense le salarié d'effectuer son préavis, il lui doit une indemnité compensatrice équivalente au salaire brut qu'il aurait perçu pendant toute la durée du préavis.

Si le salarié ne respecte pas son préavis (démission sans préavis ou départ anticipé), l'employeur peut réclamer des dommages-intérêts correspondant au salaire sur la durée de préavis non effectuée.

Nota : les durées ci-dessus sont des minima légaux. La convention collective sectorielle applicable peut prévoir des délais plus longs. En cas de conflit, c'est le délai le plus favorable au salarié qui s'applique.

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Suspension du contrat CDI

La suspension du CDI est une période pendant laquelle le contrat ne s'exécute pas mais n'est pas rompu. Le salarié ne perçoit pas de salaire (sauf disposition contraire), mais conserve son ancienneté et ses droits. La suspension est prévue par l'Article 32 du Code du Travail camerounais.

  • Maladie ou accident non professionnel — pendant la durée fixée par le certificat médical (avec maintien partiel du salaire selon ancienneté et convention collective)
  • Accident du travail ou maladie professionnelle — jusqu'à consolidation de l'état du salarié, prise en charge par la CNPS
  • Congé de maternité — 14 semaines minimum (6 semaines avant + 8 semaines après l'accouchement) — le salaire est pris en charge par la CNPS à hauteur des prestations maternité
  • Congé annuel payé (non considéré comme suspension mais comme droit acquis)
  • Mise à pied disciplinaire — décidée par l'employeur à titre conservatoire lors d'une procédure disciplinaire
  • Force majeure temporaire — catastrophe naturelle ou incident technique temporaire empêchant le travail
  • Détention provisoire du salarié — si la détention dure plus de 3 mois, l'employeur peut engager une procédure de licenciement
  • Grève légale — le contrat est suspendu pendant la durée de la grève régulièrement déclenchée

Licenciement pendant une suspension protégée : interdit

L'employeur ne peut pas notifier un licenciement à un salarié pendant une suspension liée à une maladie professionnelle, un accident du travail ou un congé de maternité. Tout licenciement intervenant dans ce contexte est présumé abusif et ouvre droit à réparation.
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Le solde de tout compte en CDI : calcul et composition

Quelle que soit la cause de rupture du CDI, l'employeur doit remettre au salarié un reçu pour solde de tout compte détaillant toutes les sommes versées. Ce reçu, s'il est signé par le salarié avec la mention manuscrite "reçu pour solde de tout compte", libère l'employeur des créances salariales qui y figurent — sauf réserves expresses formulées dans les 30 jours.

ComposanteDémissionLicenciementCalcul
Salaire du mois en cours✓ Oui✓ OuiSalaire brut × jours travaillés ÷ jours ouvrables du mois
Indemnité compensatrice de congés payés✓ Oui✓ Oui5 % de la rémunération brute totale perçue pendant le contrat
Indemnité compensatrice de préavisSi dispensé par employeur✓ Oui (si dispensé)Salaire brut mensuel × durée du préavis en mois
Indemnité de licenciement✗ Non✓ Si > 2 ans20 % à 35 % × salaire moyen × années d'ancienneté
Primes et avantages contractuels dus✓ Oui✓ OuiProratisées à la date de départ

Les retenues éventuelles (avances sur salaire, dommages-intérêts pour préavis non respecté) sont déduites du total brut.

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L'indemnité de licenciement au Cameroun : taux et calcul

L'indemnité de licenciement est due au salarié ayant au moins 2 ans d'ancienneté qui est licencié pour un motif autre que la faute lourde. Elle est calculée sur la moyenne des 3 derniers salaires bruts (hors heures supplémentaires) et dépend de l'ancienneté :

AnciennetéTaux / anExemple de calcul
1 à 5 ans20 %20 % × salaire moyen × 3 ans = 60 % du salaire mensuel
6 à 10 ans25 %25 % × salaire moyen × 8 ans = 200 % du salaire mensuel
11 à 15 ans30 %30 % × salaire moyen × 12 ans = 360 % du salaire mensuel
Plus de 15 ans35 %35 % × salaire moyen × 16 ans = 560 % du salaire mensuel

Base de calcul = moyenne des 3 derniers salaires bruts (hors heures supplémentaires). Seuil de déclenchement : 2 ans d'ancienneté minimum. Taux indicatifs selon la Convention Collective Nationale Interprofessionnelle — votre convention sectorielle peut prévoir des taux supérieurs.

Exemple concret : Un employé en catégorie 5 ayant 7 ans d'ancienneté, avec un salaire brut mensuel moyen de 180 000 FCFA :
→ Années 1 à 5 : 20 % × 180 000 × 5 = 180 000 FCFA
→ Années 6 et 7 : 25 % × 180 000 × 2 = 90 000 FCFA
→ Total indemnité : 270 000 FCFA (hors préavis et congés payés)

Faute lourde = pas d'indemnité

Le licenciement pour faute lourde (détournement de fonds, vol, divulgation de secret professionnel, violence grave envers un collègue…) prive le salarié de l'indemnité de licenciement et de l'indemnité compensatrice de préavis. Seuls le salaire du mois en cours et l'indemnité compensatrice de congés payés restent dus.
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Les documents obligatoires à remettre en fin de CDI

Qu'il s'agisse d'une démission, d'un licenciement ou d'un accord mutuel, l'employeur est légalement obligé de remettre les documents suivants à la fin du CDI :

  • Le reçu pour solde de tout compte — signé par les deux parties, détaillant toutes les sommes versées
  • Le certificat de travail — précisant la date d'entrée, la date de sortie, et la nature de l'emploi (non-remise = délit passible d'amende)
  • L'attestation de travail (ou attestation d'emploi) — mentionnant le poste occupé et la rémunération, utile pour les démarches administratives et bancaires
  • L'attestation d'immatriculation CNPS — preuve des cotisations sociales versées pendant le contrat

Non-remise du certificat de travail : que faire ?

L'employeur qui refuse de remettre le certificat de travail commet une infraction. Le salarié peut saisir l'Inspection du Travail de son ressort pour mise en demeure, ou directement le Tribunal du Travail pour obtenir un jugement d'astreinte. Lefisk peut vous accompagner dans cette démarche : prenez rendez-vous.
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FAQ — Questions fréquentes sur le CDI au Cameroun

C'est quoi un CDI ? Définition simple

Un CDI (Contrat à Durée Indéterminée) est un contrat de travail sans date de fin prévue. C'est la forme normale du contrat de travail au Cameroun. Il continue jusqu'à ce que le salarié démissionne, que l'employeur licencie ou que les deux parties s'accordent pour y mettre fin.

Peut-on rompre un CDI sans préavis au Cameroun ?

Oui, mais avec des conséquences. Si c'est le salarié qui part sans préavis, l'employeur peut réclamer des dommages-intérêts équivalents au salaire sur la durée du préavis non respecté. Si c'est l'employeur qui dispense le salarié de préavis, il lui doit une indemnité compensatrice de préavis (= salaire de la durée du préavis). En cas de faute lourde du salarié, l'employeur peut procéder à un licenciement immédiat sans préavis ni indemnité de licenciement.

Quelle est la différence entre CDI et CDD au Cameroun ?

La différence principale : le CDD a une durée maximale (2 ans + 1 renouvellement = 4 ans au total) et se termine automatiquement. Le CDI est permanent. Le CDD ne peut être rompu avant son terme qu'en cas de faute lourde, force majeure ou accord mutuel ; le CDI peut être rompu à tout moment avec préavis. En fin de CDD, l'employeur ne doit pas d'indemnité particulière ; en cas de licenciement d'un CDI (après 2 ans), il doit une indemnité de licenciement.

Qu'est-ce qu'un CDI intérimaire ?

Le CDI intérimaire (CDI-I) est une forme de contrat propre aux agences de travail temporaire. L'intérimaire est embauché en CDI par l'agence d'intérim, mais ses missions restent de durée variable chez différentes entreprises utilisatrices. Cette formule n'est pas encore très répandue au Cameroun mais se développe dans certains secteurs.

Peut-on transformer un CDD en CDI au Cameroun ?

Oui. La transformation d'un CDD en CDI peut se faire par : (1) un avenant signé par les deux parties avant l'échéance du CDD, ou (2) automatiquement, si le salarié continue de travailler après la fin du CDD sans que celui-ci soit renouvelé ni formellement terminé (requalification judiciaire). Dans le second cas, le salarié peut saisir l'Inspection du Travail ou le Tribunal du Travail pour faire reconnaître son CDI.

Un CDI peut-il être verbal au Cameroun ?

Oui — le Code du Travail camerounais admet le CDI verbal. Mais cette situation est risquée : en cas de litige sur la rémunération, les fonctions, les horaires ou la rupture, l'absence de contrat écrit rend la preuve difficile. Un CDI écrit est toujours recommandé. Il est également exigé par les banques pour les crédits immobiliers ou automobiles.

Qu'est-ce que le solde de tout compte lors d'une démission CDI ?

Le solde de tout compte en cas de démission comprend : (1) le salaire du mois en cours, proratisé au jour de départ ; (2) l'indemnité compensatrice de congés payés (5 % de la rémunération brute totale du contrat) ; (3) les primes et avantages contractuels au prorata. Aucune indemnité de licenciement n'est due en cas de démission.

Quelle est la durée de la période d'essai d'un CDI au Cameroun ?

Elle dépend de la catégorie professionnelle. Pour les ouvriers journaliers : 8 jours. Pour les employés à salaire mensuel (cat. 1-5) : 1 mois renouvelable une fois (2 mois maximum). Pour les agents de maîtrise et cadres (cat. 6+) : 3 mois renouvelables une fois (6 mois maximum). Pour les cadres supérieurs : jusqu'à 6 mois selon convention collective.

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Base légale : Loi n°92/007 du 14 août 1992 portant Code du Travail du Cameroun (Art. 24, 30-45, 58-66, 89) · Décret n°93/571/PM du 15 juillet 1993 · Convention Collective Nationale Interprofessionnelle du Cameroun · Décret n°2014/2217/PM du 24 juillet 2014 (SMIG).
Ce guide est rédigé à titre informatif et ne constitue pas un avis juridique. Pour une situation spécifique, consultez un professionnel du droit social ou contactez Lefisk.
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