Main-d'œuvre étrangère au Cameroun 2026 : campagne Minefop, visa de contrat, barème et obligations employeurs
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Main-d'œuvre étrangère au Cameroun 2026 : campagne Minefop, visa de contrat, barème et obligations employeurs

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Main-d'œuvre étrangère au Cameroun 2026 : campagne Minefop, visa de contrat, barème et obligations employeurs
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Minefop · Campagne 2026 · Main-d'œuvre étrangère Investir au Cameroun / Ecomatin — 28-29 juill. 2026

Travailleurs étrangers au Cameroun : 61 % hors fichier Minefop

Campagne nationale en cours depuis juin 2026 — visa de contrat obligatoire, barème instauré par la Loi de finances 2023, et obligations des employeurs.

30 000
Travailleurs
étrangers estimés
11 800
Enregistrés
39,3 % seulement
18 200
Situations
à qualifier (61 %)
+189 %
Recettes visas
2023 → 2024
~100/j
Régularisations
depuis juin 2026
Tout employeur de ressortissant étranger doit obtenir le visa de contrat Minefop avant la prise de fonctions — défaut = nullité de plein droit (art. 27 Code du travail).

Contexte : 61 % des travailleurs étrangers absents du fichier Minefop

Le fichier national des travailleurs étrangers en cours d'élaboration au Minefop recense actuellement 11 800 personnes, sur une population évaluée à environ 30 000 par le gouvernement. Le taux de couverture s'établit ainsi à 39,3 %, soit un déficit de 18 200 personnes dont la situation administrative n'est pas encore enregistrée.

Ces chiffres ont été communiqués le 28 juillet 2026 par Jeanine Ngo'o Eba, directrice de la régulation de la main-d'œuvre au Minefop, sur les antennes de la radio nationale. Ils interviennent plus d'un mois après le lancement, le 22 juin 2026, d'une campagne nationale de contrôle.

Nuance importante

Les 60,7 % hors fichier ne sont pas tous en situation irrégulière. Plusieurs catégories peuvent se retrouver hors du fichier : travailleurs dont l'autorisation est en cours de renouvellement, dossiers non encore intégrés dans la base numérique, ou étrangers ayant cessé leur activité depuis l'estimation. L'écart mesure l'insuffisance de couverture du fichier, pas nécessairement le travail illégal.

39,3 %
Taux de couverture du fichier Minefop
18 200
Personnes hors fichier à qualifier
~100/j
Régularisations depuis la campagne

Article 27 du Code du travail : le visa de contrat est obligatoire

Le cadre légal est clair et contraignant. L'article 27 du Code du travail camerounais dispose :

« Tout contrat concernant un travailleur de nationalité étrangère doit être visé par le ministre chargé de l'Emploi avant son exécution. La demande incombe à l'employeur. Le contrat est nul de plein droit lorsque le visa est refusé. »
Qui est concerné ?

Tous les employeurs (publics et privés) qui recrutent un travailleur de nationalité étrangère au Cameroun, quel que soit le secteur d'activité ou le niveau de qualification.

Quand demander le visa ?

Avant l'exécution du contrat — c'est-à-dire avant la prise de fonctions effective du travailleur étranger. Le visa doit précéder le début de l'activité.

Conséquence du refus

Si le visa est refusé, le contrat est nul de plein droit. L'employeur s'expose à des sanctions financières s'il maintient le travailleur en activité malgré ce refus.

Qui dépose la demande ?

La demande de visa incombe exclusivement à l'employeur. C'est lui qui doit constituer le dossier et le soumettre au Minefop — pas le travailleur étranger lui-même.

Barème 2025 : combien coûte le visa de contrat d'un travailleur étranger ?

La contribution au visa de contrat est calculée sur la base du salaire mensuel brut du travailleur concerné. Le barème applicable en 2025 distingue deux catégories :

Catégorie de travailleur Contribution au visa Base de calcul Abattement
Travailleur non africain
Europe, Asie, Amériques, etc.
2 mois Salaire + traitement brut mensuel —
Travailleur africain
Ressortissant d'un pays africain
1 mois Salaire brut mensuel −50 %
Exemples de calcul (barème 2025)
Ingénieur européen — 800 000 FCFA brut/mois
Contribution = 2 × 800 000
= 1 600 000 FCFA
Technicien nigérian — 400 000 FCFA brut/mois
Contribution = 1 × 400 000 (abattement 50 %)
= 400 000 FCFA
Cadre asiatique — 1 500 000 FCFA brut/mois
Contribution = 2 × 1 500 000
= 3 000 000 FCFA
À noter : Cette contribution est distincte des autres charges sociales (CNPS) et des droits de timbre. Elle est versée directement au Minefop dans le cadre de la procédure de visa. Source : Loi de finances 2025, Ministère des Finances.

Recettes non fiscales : quasi-triplement en 2024, objectif 20 Mds non atteint

Le contrôle de la main-d'œuvre étrangère représente un enjeu financier majeur pour l'État camerounais. Les recettes non fiscales liées aux visas de contrats ont fortement progressé.

2023
5 Mds
FCFA
2024
14,46 Mds
FCFA +189 %
Objectif 2024 / 2025
20 Mds
FCFA Non atteint
Indicateur 2023 2024 Objectif
Recettes visas contrats étrangers 5,00 Mds FCFA 14,46 Mds FCFA 20 Mds FCFA
Progression annuelle — +9,46 Mds FCFA (+189,2 %) —
Écart par rapport à l'objectif — −5,54 Mds FCFA —

La progression spectaculaire de 2024 s'explique notamment par le renforcement des contrôles et la numérisation partielle des procédures. Malgré la quasi-multiplication par 3, l'objectif de 20 milliards FCFA — réitéré pour 2025 — reste hors d'atteinte, d'où la nouvelle campagne nationale de 2026.

Campagne nationale de contrôle lancée le 22 juin 2026

Chronologie de la campagne
8 juin 2026
La note du ministre de l'Emploi par intérim Mounouna Foutsou annonce la campagne. Objectif : « assurer une meilleure régulation des flux de main-d'œuvre étrangère et préserver les opportunités d'emploi des nationaux ».
22 juin 2026
Lancement officiel de la campagne nationale de contrôle de la main-d'œuvre étrangère. Cibles : entreprises publiques et privées, grands projets, et toutes structures employant des travailleurs étrangers.
28 juil. 2026
Point d'étape : la directrice de la régulation de la main-d'œuvre annonce ~100 régularisations par jour depuis le lancement, soit potentiellement ~3 000 dossiers de régularisation depuis juin.
Entreprises ciblées

Entreprises publiques, entreprises privées, grands projets (construction, BTP, mines, pétrole), établissements de santé, hôtels, structures de formation.

Documents vérifiés

Visa de contrat Minefop, carte de séjour / visa d'entrée, contrat de travail, attestation d'immatriculation CNPS, permis de travail le cas échéant.

Rapprochement inter-administrations

La campagne vise à rapprocher les données du Minefop de celles des services chargés de l'immigration (entrée avec visa tourisme puis emploi salarié).

Trois ans de régularisation (2023–2026) : peu de progrès en taux de couverture

Le prélèvement sur les visas de contrats des travailleurs étrangers a été institué par la loi de finances 2023. Trois ans après, le taux de couverture du fichier Minefop reste à peine supérieur à 40 % — un niveau presque identique à celui de 2023.

Période Travailleurs réguliers Taux de régularité Recettes collectées Objectif
Début 2023 (avant LFin 2023) ~4 000 (sur ~10 000) 40 % — —
2023 (1re année LFin) — n.d. 5 Mds FCFA 14 Mds FCFA
2024 — n.d. 14,46 Mds FCFA 20 Mds FCFA
Juill. 2026 (fichier en cours) 11 800 (sur ~30 000) 39,3 % 2025 : non publié 20 Mds FCFA
Avr. 2023

Le ministre de l'Emploi d'alors, Issa Tchiroma Bakary, accorde un délai de 30 jours aux entreprises employant des expatriés illégaux pour se mettre en conformité. Un mois après, le Minefop annonce l'expulsion effective des travailleurs en situation irrégulière de leurs lieux de service.

Jan. 2024

Le gouvernement annonce la mise en place d'un expert/cocontractant mandaté pour trois ans afin d'établir un fichier exhaustif des étrangers résidant au Cameroun (origine, qualifications, salaires). Son identité n'a pas été rendue publique.

Juin 2026

Nouvelle campagne nationale de contrôle. Le constat reste similaire à 2023 : environ 60 % des travailleurs étrangers estimés échappent encore au dispositif administratif, malgré trois ans de mesures.

Sources : Minefop / Investir au Cameroun / Ecomatin — 28-29 juillet 2026

Comment régulariser la situation d'un travailleur étranger ?

Si votre entreprise emploie un travailleur étranger sans visa de contrat régulier, voici la démarche à suivre pour vous mettre en conformité :

1
Constitution du dossier

Contrat de travail signé (en français), copie de la pièce d'identité ou passeport du travailleur étranger, copie du titre de séjour ou visa, justificatif de qualification professionnelle, extrait de registre de commerce de l'employeur.

2
Dépôt au Minefop + paiement de la contribution

Déposez le dossier à la Direction de la Régulation de la Main-d'œuvre (Minefop), accompagné du paiement de la contribution (2 mois brut pour un non-Africain, 1 mois pour un Africain avec abattement 50 %).

3
Instruction du dossier

Le Minefop vérifie : le contrat, les qualifications du travailleur, sa situation administrative et le respect des obligations financières par l'employeur. Le dépôt ne garantit pas l'approbation.

4
Délivrance du visa de contrat

Si le dossier est conforme, le Minefop appose le visa sur le contrat. Le travailleur est alors enregistré dans le fichier national. Conservez l'original du contrat visé.

Rappel : Maintenir un salarié étranger en activité sans contrat visé expose l'employeur à des sanctions financières prévues par la réglementation. La régularisation volontaire dans le cadre de la campagne peut être prise en compte favorablement par l'administration.

Questions fréquentes — travailleurs étrangers au Cameroun

Un étranger peut-il chercher du travail au Cameroun avec un visa tourisme ?
Le visa tourisme, de visite ou d'affaires n'autorise pas l'exercice d'une activité salariée. Selon les autorités, une partie des étrangers concernés entre au Cameroun avec ce type de visa avant d'occuper un emploi. C'est précisément ce que la campagne de contrôle cherche à identifier et à régulariser. L'employeur doit obligatoirement obtenir le visa de contrat Minefop avant la prise de fonctions, quel que soit le visa d'entrée du travailleur.
La contribution Minefop est-elle due à chaque renouvellement de contrat ?
Oui, le visa de contrat est lié à chaque contrat (ou avenant significatif). Un renouvellement de contrat nécessite un nouveau visa et, en principe, le paiement d'une nouvelle contribution selon le barème en vigueur. Il est conseillé de se renseigner auprès du Minefop pour les cas de renouvellement à l'identique ou de modification de poste.
Un travailleur étranger gérant d'une SARL est-il concerné ?
Le gérant d'une société n'est pas un salarié au sens du Code du travail — il n'a pas de contrat de travail. Toutefois, s'il exerce par ailleurs une activité salariée au sein de la même entreprise ou d'une autre structure, ces fonctions salariées restent soumises à l'obligation de visa de contrat. Pour les mandataires sociaux étrangers (DG, PDG), la réglementation de l'immigration (carte de séjour d'investisseur ou de commerçant) s'applique de manière distincte.
Minefop ou CNPS : quelles obligations pour le travailleur étranger en matière de cotisations sociales ?
Le visa de contrat Minefop et l'affiliation CNPS sont deux obligations distinctes et cumulatives. Tout salarié (y compris étranger) doit être immatriculé à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) dès le premier jour d'activité. L'employeur est redevable des cotisations patronales et salariales. Ces deux obligations sont vérifiées lors des contrôles de la campagne 2026.
Comment savoir si votre travailleur étranger figure dans le fichier Minefop ?
L'employeur peut se rapprocher de la Direction de la Régulation de la Main-d'œuvre (DRMO) au Minefop, Yaoundé, pour vérifier l'enregistrement du travailleur ou obtenir un état du dossier. En cas de doute, il est recommandé de se rapprocher du Minefop proactivement plutôt d'attendre un contrôle — la régularisation volontaire est encouragée dans le cadre de la campagne 2026.

Vous vous installez au Cameroun ?

L'article 25 du CGI retient trois critères de domicile fiscal — un seul suffit, dont le simple fait d'exercer une activité professionnelle. Vous devenez alors imposable sur l'ensemble de vos revenus mondiaux. Et contrairement à une idée répandue, les personnels d'ONG et de missions diplomatiques sans qualité d'agent diplomatique sont assujettis de plein droit.

S'expatrier au Cameroun : le guide fiscal et pratique

Synthèse : ce que chaque employeur doit retenir

L'art. 27 du Code du travail impose le visa du contrat avant toute prise de fonctions d'un étranger — obligation instaurée par la Loi de finances 2023.
La contribution est de 2 mois de salaire brut (non-Africains) ou 1 mois avec abattement 50 % (Africains) — à la charge de l'employeur.
La campagne nationale Minefop est active depuis juin 2026 : contrôles en cours dans toutes les entreprises publiques et privées.
Seuls 39,3 % des 30 000 travailleurs étrangers estimés figurent dans le fichier Minefop — un taux quasi identique à 2023 malgré trois ans d'efforts.
Un contrat non visé est nul de plein droit si le visa est refusé. Les sanctions financières s'appliquent à tout employeur maintenant un étranger en activité sans contrat régulier.
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À propos de l'auteur

Expert en finances publiques et fiscalité des entreprises. Rédacteur pour LeFisk.

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