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Fiscalité

Licence et contribution des licences au Cameroun — l'autorisation préfectorale et l'impôt sont deux choses différentes

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EYENGA MVONDO GIRESSE
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Démarches obligatoires et distinctes — ni l'une ni l'autre ne dispense de l'autre
4×
La patente pour boissons alcoolisées (art. C26 CGI)
Art. 17
Payer l'impôt ≠ droit à la licence (décret 1990)
50 %
Abattement contribution des licences avec CGA

Un exploitant de bar présente fièrement sa quittance de paiement au Centre des Impôts, convaincu d'être en règle. Trois semaines plus tard, son établissement est scellé par le sous-préfet. Il avait payé un impôt. Il n'avait jamais obtenu d'autorisation d'exploiter. Ces deux choses n'ont pas le même objet, ne relèvent pas du même texte, ne sont pas délivrées par la même autorité — et l'une ne remplace pas l'autre. Cette confusion est l'une des erreurs les plus coûteuses du secteur des débits de boissons au Cameroun.

La licence : une autorisation administrative délivrée par arrêté préfectoral — pas un impôt (décret n°90/1483)

Le décret n°90/1483 du 9 novembre 1990 réglemente l'exploitation des débits de boissons. La licence y est définie comme une autorisation administrative — pas un impôt, pas une quittance, pas un récépissé fiscal. Elle est délivrée par arrêté préfectoral pour les boissons alcooliques et spiritueux, ou par arrêté du sous-préfet pour les vins et boissons hygiéniques. Sans cet arrêté, aucune activité de vente de boissons, de vente d'armes, ou d'exploitation de jeux de hasard ne peut légalement être exercée — quelle que soit votre situation fiscale par ailleurs. Le dossier de demande de licence comprend plusieurs pièces, dont la demande timbrée précisant la catégorie et la classe sollicitées, ainsi que la quittance de paiement de la contribution des licences. Cette quittance fiscale est donc une pièce du dossier, pas l'autorisation elle-même.

Type d'activité Autorité qui délivre Type d'acte Texte
Boissons alcooliques et spiritueux Préfet Arrêté préfectoral Décret 1990, art. …
Vins et boissons hygiéniques Sous-préfet Arrêté sous-préfectoral Décret 1990, art. …
Armes à feu, munitions, explosifs Préfet Arrêté préfectoral Art. C25 CGI
Jeux de hasard et de divertissement Préfet Arrêté préfectoral Art. C25 CGI

Pièces constitutives du dossier de demande de licence (liste non limitative)

• Demande timbrée précisant la catégorie et la classe sollicitées
• Quittance de paiement de la contribution des licences
• Pièce d'identité ou documents d'immatriculation RCCM
• Attestation d'imposition (NIU / quittance IGS ou patente)
• Contrat de bail ou titre de propriété des locaux
• Éventuels certificats sanitaires et conformité des locaux

La quittance fiscale est une pièce parmi d'autres — elle ne remplace pas l'arrêté préfectoral.

La contribution des licences : l'impôt calculé sur la patente ou l'IGS — articles C25 à C37 CGI

Les articles C25 à C37 du CGI soumettent à la contribution des licences les activités suivantes : la fabrication ou la vente de boissons alcoolisées ou non alcoolisées, la fabrication ou la vente d'armes à feu, munitions et explosifs, et l'exploitation de jeux de hasard et de divertissement. Son montant n'est pas un tarif fixe : il se calcule comme un multiple de la patente (pour les contribuables au régime du réel) ou de l'IGS annuel (pour les contribuables sous IGS). Ce sont deux bases distinctes donnant des montants souvent très différents. Le choix de la base n'est pas libre — il dépend de votre régime fiscal. Les adhérents d'un CGA bénéficient d'un abattement de 50 % sur le montant calculé.

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Activité (art. C25-C37 CGI) Base patente (régime réel) Base IGS (sous IGS) Avec CGA (−50 %)
Boissons non alcoolisées 2 × patente 1 × IGS ÷ 2
Boissons alcoolisées (bières, spiritueux, vins) 4 × patente 2 × IGS ÷ 2
Armes à feu, munitions et explosifs 4 × patente 2 × IGS ÷ 2
Jeux de hasard et de divertissement 4 × patente 2 × IGS ÷ 2
Important : la contribution des licences est un impôt supplémentaire — elle s'ajoute à la patente ou à l'IGS, elle ne les remplace pas. Un exploitant de bar paie son IGS annuel (ou sa patente), puis sa contribution des licences en sus.

Exemple chiffré — bar, CA 15 000 000 FCFA, boissons alcoolisées : deux scénarios selon le régime fiscal

Deux scénarios selon le régime fiscal de l'exploitant, pour un bar réalisant un chiffre d'affaires de 15 000 000 FCFA et vendant des boissons alcoolisées.

Scénario A — Bar au régime du réel (SARL, SA)

Chiffre d'affaires 15 000 000 FCFA
Patente (0,494 % × CA) 74 100 FCFA
Contribution licences (4 × patente) 296 400 FCFA
Avec CGA (−50 %) 148 200 FCFA

Scénario B — Bar sous IGS (entreprise individuelle)

Chiffre d'affaires 15 000 000 FCFA
IGS annuel — Classe 8 (art. C40 CGI) 500 000 FCFA
Contribution licences (2 × IGS) 1 000 000 FCFA
Avec CGA (−50 %) 500 000 FCFA
Dans les deux scénarios : ce paiement n'est qu'une pièce du dossier de demande de licence. Il reste obligatoire d'obtenir l'arrêté préfectoral pour pouvoir légalement exploiter. La quittance sans l'arrêté = exploitation clandestine.

Ce que l'article 17 interdit et ce que l'article 18 sanctionne — décret n°90/1483

L'article 17 du décret n°90/1483 est sans équivoque sur un point essentiel : le paiement des droits, pénalités et amendes ne confère jamais le droit à un titre de licence. Cette phrase élimine toute ambiguïté : régler l'impôt, même en retard, même avec des pénalités, ne régularise pas une exploitation clandestine. L'arrêté préfectoral reste indispensable, indépendamment de la situation fiscale. L'article 17 précise également qu'exploiter sous une classe plus élevée que celle accordée dans l'arrêté expose aux mêmes sanctions — il ne suffit pas d'avoir une licence, encore faut-il que la classe corresponde à l'activité réellement exercée.

Sanctions — article 18 du décret n°90/1483 du 9 novembre 1990

1

Fermeture immédiate de l'établissement

Ordonnée par le sous-préfet ou le préfet sans délai. Applicable en cas d'exploitation sans licence ou sous une classe supérieure à celle accordée.

2

Saisie des boissons

L'intégralité du stock de boissons est saisie par les autorités et vendue aux enchères au profit du Trésor public. L'exploitant ne récupère ni les boissons ni leur valeur marchande.

3

Amendes du Code Général des Impôts

L'article 17 du décret renvoie aux amendes prévues par le CGI pour exploitation sans autorisation ou hors classe. Ces amendes s'appliquent indépendamment du paiement ou non de la contribution des licences.

⚠ Art. 17 : le règlement des droits, pénalités et amendes après fermeture ne confère jamais le droit à un titre de licence et ne provoque pas la réouverture. L'arrêté préfectoral reste obligatoire dans tous les cas.

Comment se mettre en règle — les deux démarches dans le bon ordre

Les deux démarches — obtenir la licence et payer la contribution des licences — sont indépendantes l'une de l'autre dans leur nature, mais liées dans leur procédure : la quittance fiscale est exigée pour constituer le dossier de demande de licence. L'ordre logique est donc le suivant : calculer et payer la contribution des licences en premier, récupérer la quittance, puis déposer le dossier complet en préfecture pour obtenir l'arrêté. Ne commencer à exploiter qu'après réception de l'arrêté — jamais après la seule quittance fiscale.

Ordre des démarches pour ouvrir un débit de boissons légalement

1

Calculer votre contribution des licences selon votre régime (IGS ou réel) et le type de boissons (alcoolisées ou non)

2

Payer la contribution des licences à votre Centre des Impôts et obtenir la quittance

3

Constituer le dossier complet : demande timbrée + quittance + pièces d'identité + bail + attestation fiscale

4

Déposer le dossier en préfecture (ou sous-préfecture pour vins et boissons hygiéniques)

5

Attendre et recevoir l'arrêté préfectoral — c'est l'arrêté, et seulement l'arrêté, qui autorise l'ouverture

LeFisk calcule votre contribution des licences et vérifie votre conformité

Contribution des licences · IGS · Patente · Dossier préfectoral

Vous ouvrez un bar, un restaurant, une boîte de nuit ou un commerce de boissons ? LeFisk calcule votre contribution des licences selon votre régime fiscal, vous indique si le CGA vous permettrait une économie significative, et vous guide dans la constitution de votre dossier préfectoral.

FAQ — licence et contribution des licences au Cameroun (2026)

La quittance de paiement de la contribution des licences suffit-elle pour exploiter un bar ?
Non. La quittance est une pièce requise dans le dossier de demande de licence — elle ne constitue pas la licence elle-même. L'autorisation d'exploiter est l'arrêté préfectoral (boissons alcooliques) ou sous-préfectoral (vins et boissons hygiéniques). Exploiter avec la seule quittance fiscale expose à la fermeture immédiate par le sous-préfet et à la saisie des boissons vendues aux enchères au profit du Trésor public (art. 18 décret n°90/1483).
Comment calculer la contribution des licences si je suis sous IGS ?
Sous l'IGS, la contribution se calcule comme un multiple de l'IGS annuel : 1× l'IGS pour les boissons non alcoolisées, 2× l'IGS pour les boissons alcoolisées, les armes et les jeux de hasard. Avec CGA, divisez par deux. Exemple : bar en classe 8 (IGS = 500 000 FCFA), boissons alcoolisées → contribution = 2 × 500 000 = 1 000 000 FCFA (ou 500 000 FCFA avec CGA). Comparez avec le scénario régime réel pour vérifier si une structuration en société n'est pas plus avantageuse.
La contribution des licences remplace-t-elle la patente ou l'IGS ?
Non. La contribution des licences s'ajoute à la patente ou à l'IGS — elle ne les remplace pas. Elle est calculée en fonction de l'un ou de l'autre, mais elle est due en supplément. Un bar sous IGS paie son IGS annuel, puis sa contribution des licences en sus. Un bar au régime du réel paie sa patente, puis sa contribution des licences. Ce sont deux impôts distincts, avec deux lignes séparées dans votre quittance et votre comptabilité.
Que risque-t-on concrètement en exploitant sans licence au Cameroun ?
L'article 18 du décret n°90/1483 prévoit trois conséquences cumulatives : (1) fermeture immédiate de l'établissement, sans délai de régularisation ; (2) saisie des boissons et vente aux enchères au profit du Trésor public — vous perdez l'intégralité de votre stock ; (3) amendes CGI renvoyées par l'article 17. L'article 17 précise également que le paiement des droits et amendes après fermeture ne confère jamais le droit à une licence et ne permet pas la réouverture. Il faut redéposer un dossier complet et obtenir un nouvel arrêté.
Le restaurant qui sert de la bière doit-il payer la contribution des licences pour boissons alcoolisées ?
Oui, dès lors que votre restaurant vend des boissons alcoolisées (bières, vins, spiritueux), il relève des articles C25 à C37 du CGI au titre de la vente de boissons alcoolisées. La contribution est calculée à 4× la patente (ou 2× l'IGS) sur cette activité. La licence correspondante doit être obtenue par arrêté préfectoral. Pour un restaurant qui souhaite vendre uniquement des boissons non alcoolisées, le taux est de 2× la patente ou 1× l'IGS. Voir notre guide complet pour l'ouverture d'un restaurant : Ouvrir un restaurant au Cameroun — licences, fiscalité et démarches.
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À propos de EYENGA MVONDO GIRESSE

Expert en fiscalité et droit des affaires au Cameroun. Fondateur de LeFisk, accompagnement des entrepreneurs et particuliers dans leurs démarches fiscales, juridiques et commerciales.

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